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Humiliée le jour de mon mariage, j'ai épousé l'idiot de la famille
Le soir de mon mariage, mon cœur battait à tout rompre alors que mon voile se soulevait doucement. Mais le visage qui me faisait face n’était pas celui de Julien. C’était Nathan, le fils « simple d'esprit » de la gouvernante des Rochefort. Des rires cruels et moqueurs ont éclaté tout autour de nous. Mélanie, l’amie d’enfance de Julien, a affiché un sourire méprisant, la voix dégoulinante d'une fausse pitié : — Puisque le voile a été levé, la tradition veut que tu passes ta nuit de noces avec celui qui l'a fait. Puis elle s’est tournée vers Julien en battant des cils. — Je me sacrifie, Julien chéri. C’est moi qui te tiendrai compagnie ce soir à sa place. C’est à ce moment-là que Julien est enfin entré, l'air totalement détaché. — Détends-toi, Roxane. C’est juste un gage. Ne sois pas si mauvaise joueuse. Il a haussé les épaules avec un rictus méprisant. — De toute façon, c'est un idiot. Il ne capte rien à rien. Passer une nuit avec lui ne va pas te tuer. Son ton sarcastique, sa cruauté gratuite... Tout cela m'a arraché un rire. Un rire froid, glacial. — S'il est celui qui a levé mon voile, alors une seule nuit ne suffira pas, n'est-ce pas ? Ma voix était coupante comme un rasoir. — Si je l'épouse, c'est pour la vie. Le soir de mon mariage, mon cœur battait à tout rompre alors que mon voile se soulevait doucement. Mais le visage qui me faisait face n’était pas celui de Julien. C’était Nathan, le fils « simple d'esprit » de la gouvernante des Rochefort. Des rires cruels et moqueurs ont éclaté tout autour de nous. Mélanie, l’amie d’enfance de Julien, a affiché un sourire méprisant, la voix dégoulinante d'une fausse pitié : — Puisque le voile a été levé, la tradition veut que tu passes ta nuit de noces avec celui qui l'a fait. Puis elle s’est tournée vers Julien en battant des cils. — Je me sacrifie, Julien chéri. C’est moi qui te tiendrai compagnie ce soir à sa place. C’est à ce moment-là que Julien est enfin entré, l'air totalement détaché. — Détends-toi, Roxane. C’est juste un gage. Ne sois pas si mauvaise joueuse. Il a haussé les épaules avec un rictus méprisant. — De toute façon, c'est un idiot. Il ne capte rien à rien. Passer une nuit avec lui ne va pas te tuer. Son ton sarcastique, sa cruauté gratuite... Tout cela m'a arraché un rire. Un rire froid, glacial. — S'il est celui qui a levé mon voile, alors une seule nuit ne suffira pas, n'est-ce pas ? Ma voix était coupante comme un rasoir. — Si je l'épouse, c'est pour la vie. Mes demoiselles d’honneur, qui s’attendaient à une blague inoffensive, m'ont dévisagée, sous le choc. — Tu es sérieux, Julien ? Tu veux vraiment que Roxane passe sa nuit de noces avec... avec un simple d'esprit ? a éclaté Léa, le visage déformé par l'incrédulité. Sarah a enchaîné : — C'est le jour de votre mariage ! Même les blagues ont des limites ! Julien s’est contenté de ricaner, haussant un sourcil arrogant. — Qu'est-ce que ça peut vous foutre ? Ma fiancée n'a pas l'air contre, alors pourquoi vous en faites toute une histoire ? Il s’est approché de moi, baissant d'un ton, menaçant. — Le mois dernier, tu as humilié Mélanie en public et tu l’as privée de son bonus semestriel. Ce soir, je me venge pour elle. Il a marqué une pause pour accentuer l'effet de ses mots. — Soit tu couches avec cet idiot pour la nuit, soit... nos fiançailles sont annulées ! Face à cette menace, je n'ai même pas ressenti de colère. Juste un immense sentiment d’absurdité. Le mois dernier, Mélanie, qui était mon assistante, m’avait accompagnée à une vente aux enchères. Elle avait ignoré toutes mes consignes, enchérissant n'importe comment. À cause d'elle, notre entreprise avait acheté un objet d'art à un prix astronomique, bien au-delà de notre budget. Après cela, je l'avais sanctionnée conformément au règlement intérieur. L'histoire avait fuité au bureau, entachant sa réputation. Mais sans son incompétence, je n'aurais pas perdu des centaines de milliers d'euros. Normalement, elle aurait dû être licenciée sur-le-champ. Si je m'étais contentée de lui retirer son bonus, c'était uniquement par respect pour Julien. Pourtant, Julien s’était obstiné à croire que je cherchais juste un prétexte pour détruire Mélanie. Peu importait mes explications, il refusait de m'écouter, persuadé que j'étais une femme froide et sans cœur. Il m’avait forcée à lui présenter des excuses publiques à l'écrit, un texte qui déformait la réalité pour me faire passer pour une patronne tyrannique, tout ça pour « réparer le tort » causé à Mélanie. Cela m'avait coûté ma réputation professionnelle. C'est seulement après cela qu'il avait daigné calmer le jeu. Je pensais que cette horrible histoire était derrière nous. Je n’aurais jamais cru qu’elle me rattraperait de cette façon, le jour de mon mariage. À cet instant précis, mon cœur s'est définitivement transformé en glace. Pour faire plaisir à Mélanie, il était prêt à orchestrer cette mascarade humiliante. Je pouvais déjà imaginer les rumeurs, les moqueries. Je serais la risée de tout notre cercle social. Julien se tenait droit, sûr de lui, persuadé que je l’aimais trop pour oser lui tenir tête. Il jubilait, certain que même face à un piège aussi grossier, je finirais par céder. Mais ce qu’il ignorait, c’est que même l’amour le plus fou ne survit pas au mépris et au manque de respect. J’ai poussé un léger soupir, détournant mes yeux d'eux. À la place, je me suis agenouillée devant l’homme qui était assis par terre, en train de manger joyeusement des dragées de mariage. J'ai pris sa main dans la mienne et j'ai levé les yeux vers lui. — Nathan, est-ce que tu veux m'épouser ? À peine ces mots avaient-ils franchi mes lèvres que les yeux de Julien se sont écarquillés de stupeur. — Roxane, tu es devenue complètement folle ?! Je t'ai juste dit de passer la nuit dans la suite nuptiale avec lui. Tu vas vraiment épouser cet idiot ? Mélanie lui a rapidement attrapé le bras, murmurant d’un ton pressant : — Julien, calme-toi. Roxane n'épousera jamais un débile pareil. Elle essaie juste de te provoquer pour que tu cèdes. Si tu t'énerves maintenant, tu rentres dans son jeu. En entendant cela, Julien s'est calmé. Un sourire méprisant est réapparu sur ses lèvres. — Roxane, assure-toi de bien te doucher avant de ramper à nouveau vers moi demain. Je n'ai pas envie d'attraper des maladies ! Voyant que je ne lui prêtais aucune attention, Julien a levé les yeux au ciel. — Bon, puisque la mariée veut jouer à ça avec quelqu'un d'autre, on ferait mieux de fêter l'enterrement de vie de garçon qu'on a raté ! Ce soir, on fait la fête jusqu'au bout de la nuit ! Sur ces mots, il a attrapé Mélanie par la taille et a quitté la suite présidentielle sans un regard en arrière. Je suis restée agenouillée, ma main tendue dans le vide, un grand vide dans la poitrine. C'est alors qu'une main tiède et douce a frôlé ma paume. J'ai levé les yeux et mon regard a croisé celui de Nathan. Il me fixait, un sourire doux se dessinant lentement sur ses lèvres. Sa voix était basse, mais d'une clarté incroyable : — Oui, je le veux.Je suis restée interdite. Pour une raison que j'ignorais, Nathan, malgré son attitude habituelle d'enfant, avait un regard d'une clarté et d'une brillance surprenantes lorsqu'il me regardait. Mais cette pensée m'a traversé l'esprit aussi vite qu'elle est apparue ; je n'y ai pas prêté plus attention. J'ai adouci ma voix, essayant de le guider. — Nathan, puisque tu es d'accord, nous devons d'abord aller à la Mairie pour signer notre acte de mariage. C'est seulement après que ce sera officiel. J'ai marqué une pause, plongeant mes yeux dans les siens, avant de lui demander très sérieusement : — Ce n'est pas un jeu, Nathan. Tu es sûr de toi ? Nathan n'a pas répondu. Il s'est contenté de taper joyeusement dans ses mains. Devant son expression si pure et heureuse, un sourire doux-amer a étiré mes lèvres. J'ai conduit Nathan moi-même jusqu'à la Mairie. Pendant la procédure, Nathan a été très agité. Au moment de signer le registre, il a tenu le stylo maladroitement et s'est mis à gribouiller dans tous les sens, réussissant finalement à tracer son prénom de travers. Puis, en voyant le tampon encreur rouge posé sur le bureau de l'adjoint au maire, il a trouvé ça fascinant. Non seulement il s'en est mis partout sur les doigts, mais il s'est accidentellement taché la joue avec de l'encre rouge. Nathan a simplement gloussé comme un enfant en voyant son reflet taché dans le miroir de l'entrée, ressemblant à un petit chat. Quelques minutes plus tard, on nous remettait notre livret de famille tout neuf. Nathan l'a serré contre sa poitrine, les yeux pétillants, comme s'il s'agissait du trésor le plus précieux au monde. En sortant de la Mairie, j'ai appelé mon chauffeur. J'ai doucement caressé les cheveux de Nathan, d'une voix tendre. — Nathan, rentre d'abord avec le chauffeur, d'accord ? J'ai quelque chose à régler, mais je te promets de rentrer très vite. Nathan m'a regardée, un peu confus, mais il a hoché la tête sagement. De mon côté, j'ai changé de direction pour me rendre seule dans ce bar branché du centre-ville. Quand j'ai poussé la porte du salon privé, il ne restait plus que Julien et Mélanie à l'intérieur. Il était en train d'essuyer délicatement la bouche de Mélanie avec une serviette humide. Le col de la chemise de cette dernière était encore taché de vomi. Je me suis soudain rappelé que Julien avait une peur bleue des microbes. Une fois, alors que j'avais une forte fièvre et une grippe carabinée, j'avais accidentellement vomi sur les draps au milieu de la nuit. Son premier réflexe avait été de reculer d'un bond, de se boucher le nez et de me hurler dessus : « Roxane, c'est dégoûtant ! Tu ne peux pas aller aux toilettes pour faire ça ? » Ce soir-là, j'avais dû changer les draps moi-même, tremblante de fièvre, sans qu'il ne m'adresse le moindre mot de réconfort. Et il était parti passer la nuit chez Mélanie. Pourtant, aujourd'hui, il semblait totalement insensible à la saleté sur les vêtements de Mélanie. Mélanie, reprenant peu à peu ses esprits, les yeux embrumés par l'alcool, a ricané en me voyant. — Roxane... Tu n'étais pas censée passer ta nuit de noces avec ton idiot ? Quoi, tu regrettes déjà... ? La main de Julien ne s'est pas arrêtée, mais il l'a réprimandée doucement : — Mélanie, tais-toi un peu. Puis il a enfin daigné me regarder, d'une voix monocorde. — Roxane, je vois que la leçon d'aujourd'hui t'a servie, alors je ne t'en tiendrai pas rigueur. Je réorganiserai une cérémonie de mariage dans quelques jours. Pour l'instant, je dois ramener Mélanie chez elle, elle a trop bu. En voyant son attention protectrice envers Mélanie, si différente de la froideur qu'il me réservait toujours, mon cœur a ressenti une dernière pointe de douleur — aiguë et glaciale. Puis, cette dernière étincelle d'émotion s'est éteinte à jamais. J'ai hoché la tête, puis j'ai sorti le livret de famille de mon sac. — Fais ce que tu veux. Mais ce n'est pas la peine de reprogrammer un mariage. Nathan et moi sommes officiellement mariés. Dès que Julien a posé les yeux sur le document, son visage est devenu livide. — Roxane, c'est une blague ? Tu es vraiment allée te marier avec ce débile ?! — Tu es complètement malade ! Comment tu as pu faire une chose pareille ? Qu'est-ce que les gens vont dire ? Comment je vais faire pour me montrer en public après ça ? Même à ce moment-là, sa seule préoccupation restait sa réputation. Après tout, si les gens apprenaient que la fille unique du richissime groupe Beaumont l'avait largué pour épouser un simple d'esprit, il deviendrait la risée de toute la ville. C'est alors que Mélanie, encore ivre, a ricané depuis le canapé. — Roxane, je dois avouer que tu es forte. Aller aussi loin juste pour faire chier Julien... Mais si tu veux t'afficher, grand bien te fasse. Pourquoi tu essaies de le traîner dans ta boue ? En entendant ses mots, j'ai trouvé la situation d'un ridicule sans nom. C'étaient eux qui m'avaient poussée dans les bras de Nathan. Quand j'avais dit que je l'épouserais, Julien n'avait pas bronché. Et maintenant, c'était ma faute ? Mélanie a soudain eu un haut-le-cœur. Un peu de bile a giclé sur la manche de Julien. Il a poussé un cri de dégoût, mais ne l'a pas repoussée. Au lieu de cela, il a cherché frénétiquement des yeux de quoi nettoyer. La boîte de mouchoirs de la table basse était vide. Son regard s'est posé sur moi, et il m'a ordonné, paniqué : — Roxane, où est ton mouchoir en tissu ? Donne-le-moi, vite ! Je me suis figée. Le mouchoir dont parlait Julien était un mouchoir qu'il avait lui-même fait broder à nos initiales au tout début de notre relation. Il m'avait dit que c'était le symbole de son amour et que je devais toujours l'avoir sur moi. Pendant des années, je l'avais gardé précieusement, comme mon bien le plus cher. Et aujourd'hui, il me demandait ce souvenir si précieux avec tant de désinvolture... pour nettoyer le vomi de Mélanie. Mon cœur s'est brisé en mille morceaux. Après un instant de silence, j'ai sorti le mouchoir de ma poche, le visage totalement impassible. Je ne lui ai pas tendu. À la place, je l'ai simplement laissé tomber à ses pieds, dans la saleté. — Julien, c'est fini. Il s'est baissé pour ramasser le mouchoir et, tout en s'activant à nettoyer Mélanie, il m'a crié dessus avec impatience : — C'est juste un bout de tissu ! Pourquoi tu en fais tout un plat ? S'il est sale, je le laverai, ou je t'en achèterai un autre quand j'aurai le temps ! J'ai ignoré ses paroles, j'ai tourné les talons et j'ai franchi la porte. Plus tard... Il n'y aurait plus jamais de « plus tard » entre nous. Voyant que je ne m'arrêtais pas, la voix de Julien s'est faite encore plus rageuse derrière moi : — C'est ça, casse-toi, Roxane ! Tu crois vraiment que ça me fait quelque chose de te perdre ?! — Tu vas le regretter, j'en te donne ma parole ! Ne reviens pas ramper en pleurant quand tu te seras rendu compte de ta connerie !Il était très tard quand je suis rentrée dans ma villa. Nathan était endormi sur le canapé du salon, recroquevillé sur lui-même, serrant toujours le livret de famille contre sa poitrine. À cette vue, une vague de tendresse m'a submergée. Je me suis approchée doucement pour l'aider à aller dans la chambre. Mais Nathan s'est réveillé en sursaut. Ses yeux encore ensommeillés se sont illuminés dès qu'il m'a reconnue. — Tu... tu es rentrée. — Oui, ai-je murmuré en me penchant pour lui sourire. Si je rentre tard à l'avenir, ne m'attends pas. Va te coucher quand tu es fatigué. Après l'avoir installé dans sa chambre, je suis allée dans mon bureau. C'est à ce moment-là que l'écran de mon téléphone s'est allumé. C'était un message de Julien sur WhatsApp : [Roxane, reviens t'excuser maintenant et je daignerai peut-être te pardonner.] [Que tu sois en colère et qu'on s'engueule, passe encore. Mais tu ne peux pas épouser cet attardé juste pour te venger de moi !] J'ai fixé l'écran, l'esprit totalement serein. Ces mots qui, autrefois, auraient pu me briser le cœur me laissaient aujourd'hui complètement de marbre. Je n'ai pas répondu. J'ai simplement bloqué le numéro de Julien. Le monde m'a tout de suite paru plus respirable. Le lendemain matin, j'ai emmené Nathan faire des courses. Pendant des années, il n'avait même pas eu de téléphone portable à lui. Je me suis dit que ce serait plus rassurant si jamais il s'éloignait. En configurant sa carte SIM chez l'opérateur, j'ai enregistré son numéro dans mes contacts. Au moment de taper son nom, j'ai hésité un instant, puis j'ai délibérément écrit deux mots : « Mon Mari. » Alors que nous sortions de la boutique du centre commercial, nous sommes tombés nez à nez avec Julien et Mélanie. Le regard de Julien s'est posé avec rage sur nos mains unies, avant de remonter vers mon visage, oscillant entre colère et incrédulité. — Roxane, tu continues ton petit jeu ridicule ? Te balader en ville avec... avec *ce truc*, tu n'as pas honte d'afficher la famille Beaumont comme ça ? Mélanie a ajouté sur un ton mielleux : — Roxane, ça suffit maintenant. Julien s'est calmé. Excuse-toi et on oublie toute cette histoire. — Excusez-nous, nous sommes pressés. J'emmène mon mari choisir son costume de mariage. Je leur ai coupé la parole d'une voix glaciale, sans aucune émotion. En m'entendant appeler Nathan ainsi, Julien a complètement disjoncté. — Roxane ! Tu as oublié comment tu as pleuré pour que je sorte avec toi ? Tu as oublié que tu disais que je serais le seul homme de ta vie ?! — Tu vas jouer la comédie combien de temps avec cet idiot ? Tu vas vraiment ne pas m'épouser ?! Je l'ai fixé droit dans les yeux, puis j'ai répondu calmement : — C'est exact, Julien. Je ne veux plus de toi. Alors que son visage se décomposait, j'ai pris Nathan par le bras et je suis passée à côté de lui sans un regard.Trois jours plus tard, notre cérémonie de mariage a eu lieu comme prévu. Sans surprise, Julien s'est pointé. Non seulement il était accompagné de Mélanie et de toute sa bande de potes friqués, mais il avait aussi rameuté une horde de journalistes à scandale. Nathan et moi n'avions invité que très peu de monde, mais la bande de Julien remplissait toute la chapelle. Avant même que je ne puisse dire un mot, les reporters nous ont encerclés. — Mademoiselle Beaumont, est-ce vrai que vous avez épousé un homme souffrant d'un handicap mental uniquement pour vous venger de votre ex-fiancé ? Avez-vous pensé aux conséquences sur son image ? Julien se tenait juste derrière les caméras, feignant l'homme blessé et impuissant. Il a lâché d'une voix tremblante : — Roxane, je sais que tu m'en veux, mais comment as-tu pu te rabaisser à ce point pour te venger ? Comment je vais faire pour regarder les gens en face maintenant ? Même si je m'étais préparée mentalement, me retrouver ainsi jetée en pâture aux médias devant tout le monde me serrait le cœur d'angoisse. Julien a vu ma détresse, et un sourire victorieux a glissé sur ses lèvres. Il a écarté les journalistes d'un geste théâtral et s'est approché de moi, débordant de condescendance. — Roxane, tu as fait tout ce cirque uniquement pour que je revienne, n'est-ce pas ? — Je ne t'en tiendrai pas rigueur. Demande-moi pardon sincèrement, mets-toi à genoux devant tout le monde et supplie-moi de te reprendre, et je verrai ce que je peux faire... Il a relevé le menton, l'air d'une arrogance absolue, certain que j'allais saisir cette perche tendue. Mes poings se sont serrés, la colère bouillonnant dans mes veines. Au moment où j'allais lui répondre vertement, une voix claire, grave et glaciale a résonné depuis l'entrée de la chapelle, faisant taire instantanément tout le brouhaha. — Roxane et moi sommes déjà mariés devant la loi. Nous sommes mari et femme. — Alors, Julien... es-tu venu ici pour gâcher mon mariage et essayer de me voler ma femme ? Tout le monde s'est retourné d'un coup. Nathan se tenait sur le pas de la porte, impeccable dans son costume trois pièces. Il se tenait extrêmement droit, le menton légèrement relevé, le regard aiguisé et perçant. Après avoir balayé lentement la salle du regard, il s'est avancé vers moi d'un pas assuré. L'aura qui se dégageait de lui à ce moment-là n'avait absolument rien à voir avec celle du jeune homme simple d'esprit qu'il avait toujours semblé être. La chapelle entière est tombée dans un silence de mort. — Crétin ! De quoi tu parles ? Roxane était ma fiancée ! Tu crois vraiment qu'elle pourrait aimer un raté dans ton genre ? Julien, fou de rage et paniqué, a levé la main pour frapper Nathan. Mais la seconde d'après, Nathan lui a attrapé le poignet d'une poigne de fer, le regard noir. Il a repoussé la main de Julien avec une violence inouïe. Sous le choc, Julien a trébuché sur plusieurs mètres, manquant de s'étaler de tout son long. Son visage affichait une terreur pure. — Sale bête ! Comment tu oses me toucher ?! a hurlé Julien. Pendant des années, Nathan n'avait été qu'un souffre-douleur à ses yeux, quelqu'un qu'il pouvait humilier ou frapper selon son humeur. Et Nathan se contentait toujours de trembler dans son coin, n'osant même pas pleurer trop fort. Et voilà que ce « simple d'esprit » osait lui tenir tête. Mais Julien a très vite compris que quelque chose clochait. Le Nathan qui se tenait devant lui avait le regard vif, une posture dominante. Il ne restait plus une seule trace de sa prétendue stupidité ou de sa faiblesse. La voix de Julien s'est mise à trembler, trahissant sa peur : — Nathan... qu'est-ce qui t'arrive ? Nathan ne lui a pas répondu tout de suite. Il s'est d'abord tourné vers moi, ses yeux clairs débordant d'émotions complexes : de la tendresse, de l'inquiétude et de profonds regrets. — Roxane, je suis désolé. Je t'ai menti. — Mais ne t'inquiète pas, une fois que j'aurai réglé ça, je te promets de tout t'expliquer. Puis, son regard est retourné vers Julien, redevenant d'une froideur polaire. — Très bien, Julien. Tu veux savoir ? Aujourd'hui, je vais tout vous révéler.